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Les dents de mon Cheval : « Pourquoi et par qui ?»

Dernière mise à jour le 07/01/2014

 

Un peu d’histoire…

Depuis plus d’un siècle, les vétérinaires s’intéressent aux dents des chevaux. Les vétérinaires de l’armée allemande ont systématisé les soins de la bouche des chevaux, qui représentaient la force motrice indispensable lors de la guerre 1914-1918. Ces vétérinaires ont pris conscience de l’importance des soins dentaires et ont développé techniques et matériels. Ils effectuaient des soins annuels qui permettaient de maintenir le poids idéal de leurs chevaux avec un kilo de nourriture par jour en moins.

Pourquoi faire examiner la bouche de mon cheval ?

Les dents du cheval sortent et s’usent pendant une grande partie de sa vie. Comme les mâchoires ne sont pas tout à fait en face l’une de l’autre, les dents ne s’usent pas toujours de manière harmonieuse, gênent la mastication, blessent la langue ou les gencives. Certaines dents tombent ou doivent être enlevées, la dent opposée s’use moins ou moins bien… Tout ceci empêche de broyer les aliments de façon efficace ou contrarie le cheval.

Les dents de lait du cheval font place à une dentition adulte durant les quatre à cinq premières années de sa vie. Il est important d’examiner régulièrement le bon remplacement des dents de lait, pour ne pas endommager les dents définitives.

L'effet des maladies dentaires et de la bouche sur l'état général, l'apparition de coliques, l'amaigrissement et le mauvais confort du cheval a été démontré par plusieurs études scientifiques sérieuses.

Malheureusement, sans étude contrôlée de l’importance d’une bonne dentition sur les problèmes de monte, ou encore moins de l'effet d'un râpage des molaires et incisives sur la qualité des performances du cheval, surgissent diverses rumeurs. Le manque de base scientifique est une porte ouverte pour les soi-disants « dentistes équins » non vétérinaires, qui abusent de la confiance des cavaliers.

 

Quand dois-je montrer la bouche de mon cheval à mon vétérinaire ?

Une visite annuelle de la bouche semble être le bon rythme. Chez le poulain, les défauts d’implantation ou de coaptation peuvent être corrigés et doivent donc être diagnostiqués au plus tôt. Les poulains de course sont vérifiés deux fois par an, à partir de la première année (yearling) jusqu’à l’âge de quatre ans. Le cheval âgé sera vu une à deux fois par an afin d’éviter les problèmes liés au vieillissement de la dentition et souvent responsables de l’amaigrissement de l’animal. Les ânes ne doivent pas être oubliés, ils montrent fréquemment des pathologies, surtout les ânes âgés.

Un râpage annuel n’est pas nécessaire, voire même contre-indiqué. Les dents du cheval sortent à une vitesse de 2 à 3 mm par an, un râpage de quelques millimètres par an diminue donc la longévité de la dent. Un contrôle annuel avec la pose d’un diagnostic fondé et précis et un traitement uniquement en cas de besoin sont les deux piliers d’une bonne gestion de votre cheval.

 

Mon vétérinaire est un dentiste ?

Pour être dentiste humain, le parcours universitaire dure 6 ans… Pour votre cheval, votre vétérinaire a suivi un cursus universitaire de même durée. La plupart des cours qu’il a suivis sont indispensables à une pratique dentaire de qualité, en assurant confort et bien-être à votre cheval. Des études techniques ou un « apprentissage sur le tas » ne peuvent apporter suffisamment de connaissances pour une vue d’ensemble de la santé de votre cheval, moins encore pour un traitement pertinent, ou la pose d’un acte chirurgical qui nécessite sédatifs, médicaments, et savoir-faire.

En vertu de principes éthiques et judiciaires (bien-être animal, responsabilité professionnelle et/ou risques d’exercice illégal) sanctionnés par des peines d’emprisonnement (plusieurs jugements ont été rendus récemment dans ce sens par des tribunaux belges et français), votre vétérinaire est la seule personne suffisamment formée pour ouvrir la bouche de votre cheval avec science et savoir-faire, prudence et dans le respect du bien-être du cheval.

Confieriez-vous les dents de votre enfant aux mains d’un aventurier qui aurait regardé travailler un dentiste pendant quelques semaines avant de se lancer dans la pratique ?

Votre cheval est important, confiez-le à votre vétérinaire. Il pourra le cas échéant vous diriger vers un Confrère si lui-même ne pratique pas la dentisterie !

Dr F. Bodeüs

 

Sources
Dr. P.Chuit, Cours de dentisterie.
Dr. D. Verwilghen, Cours de dentisterie de deuxième cycle.
Dr Thierry Fuss, AVEF.

Les soins dentaires équins

Dernière mise à jour le 07/01/2014

Il est conseillé de montrer les dents de son cheval systématiquement une fois par an à un praticien compétent (vétérinaire, dentiste équin), et ce, avant le débourrage, par exemple au moment des vaccinations annuelles. Dès trois ans, d'éventuels problèmes dentaires qui ne donnent pas forcément de signes lors de l'alimentation peuvent gêner le cheval dans sa bouche au contact du mors, ce qui, outre une gêne inutile et facilement évitable pour le cheval, rendra le débourrage plus difficile.

 

Une affection dentaire peut se traduire par différents signes : le cheval mâche lentement voire mange insuffisamment, laisse tomber des aliments de sa bouche. On peut également remarquer qu’il penche la tête de côté pour mastiquer ses aliments (surtout durs ou gros comme les carottes) en évitant le contact sur certaines parties de la bouche. Mais elle peut aussi ne donner aucun signe pendant très longtemps, d'où la nécessité d'une surveillance systématique.

 

Les différents problèmes dentaires

Les surdents

Les chevaux ont des dents qui poussent continuellement, cette pousse compensant une usure importante (plusieurs millimètres par an). Si les deux dents opposées ne sont pas parfaitement face à face, certains endroits ne sont jamais usés, donc la pousse n'est pas compensée. Il apparaît alors des pointes, les surdents, qui peuvent constituer des aiguilles piquantes ou des lames tranchantes qui blessent le cheval au niveau des joues et de la langue, au cours de la mastication.

Les dents de loup

La "dent de loup"(persistance d'une prémolaire de lait), très petite, située en avant de la première molaire d'un coté ou de l'autre de la mâchoire supérieure. Débordante et peu solide sur la barre, la dent de loup est maltraitée par l'appui du mors et occasionne au travail des défenses ou une position fausse de la tête et de l'encolure. Son extraction facile et systématique supprime immédiatement tout ennui.

 

Source
Avec l'aimable autorisation du Docteur S. Degallaix