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Le prurit : grattages, léchage ou mordillement de la peau du chien

Dernière mise à jour le 14/01/2014

Le prurit est le terme scientifique qui désigne les démangeaisons de peau. Le chien l’exprime en se grattant, se mordant, se léchant ou se frottant contre des objets.

Un chien qui se gratte de temps à autre a un comportement normal !! Cela devient problématique lorsqu’ilarrête son activité pour se gratter, ou encore si des lésions de peau apparaissent.

Lorsque votre chien se gratte constamment, c’est stressant pour vous comme pour votre animal. Il est temps d’agir !

Les problèmes cutanés chez les animaux de compagnies sont complexes et peuvent avoir de multiples causes.

La majorité des dermatites peuvent être guéries par un traitement court mais bien ciblé. Cependant, dans certains cas, la maladie peut nécessiter un traitement à vie (p. ex lors d’allergie) . Plus tôt votre compagnon sera traité, plus sa vie sera confortable et moins de risques de complications il aura. Une bonne gestion médicale pourra le plus souvent assurer une vie normale à l’animal mais également à ses propriétaires.

 

Quelles sont les principales causes de prurit ?

 

1) Les parasites externes

Les puces représentent une des plus importante cause de prurit chez le chien et le chat. Les démangeaisons sont produites par l’effet des piqûres mais également par des réactions d’allergie à celles-ci.Dautres parasites comme des acariens (gale sarcoptique,…), des poux, des trambididae (aoûtats) et bien d’autres encore (Cheyletiella…) peuvent intervenir.

Même lorsque vous ne voyez pas de puces, votre animal peut en être atteint. Dans certains cas, votre compagnon peut développer une allergie aux piqûres de puces qui ne dépend pas du nombre de parasites présents mais plutôt d’une sensibilité individuelle
Dans ce cas le prurit et les lésions cutanées seront principalement situées en région dorso-lombaire chez le chien. Quelques morsures de puces peuvent déclencher des lésions importantes chez l’individu sensible (croûtes, pertes de poils, plaies cutanées induites par le prurit).


2) Les infections de peau

Les infections de la peau sont principalement dues à des bactéries ou à des champignons. Les infections bactériennes peuvent induire du prurit. Les bactéries vont alors se loger dans les « racines des poils » (follicules pileux) et créent des inflammations provoquant une perte de poils et parfois du prurit. Dans certains cas, des infections bactériennes de surface, d’apparition rapide, et caractérisées par des zones localisées douloureuses couvertes de pus peuvent s’avérer très prurigineuses (dermatite pyotraumatique ou hot spot).
Dans tous les cas un cercle vicieux s’installe : en se grattant le chien crée des micros-lésions au niveau de sa peau. Ces lésions vont à leur tour s’infecter avec comme conséquence une aggravation des symptômes. Les mycoses (infections dues à des champignons) sont rarement très prurigineuses. L’infection par des levures (malassezia) peut ressembler à de l’allergie et induire des rougeurs et du prurit.


3) Les allergies alimentaires

L’alimentation peut provoquer du prurit si l’animal est allergique à une source de protéine présente dans son repas. Lors d’allergie alimentaire le prurit n’est pas provoqué par un excès de protéines ou par une marque d’aliment mais plutôt par un type de protéine à éviter (produits laitier, bœuf, poulet…) On parle alors d’une intolérance ou d’une allergie alimentaire !! Comme pour l’homme le principe de base est d’éviter le contact avec la source de protéine responsable.
Le seul moyen pour le vétérinaire de diagnostiquer cette intolérance est de mettre en place un régime particulier (cf plus bas).

 

4) La dermatite atopique canine 

Extrêmement fréquente, elle est caractérisée par du prurit. Les signes cliniques sont identiques à ceux d’une allergie alimentaire ce qui ne permet pas de différencier cliniquement les 2 entités. Le chien comme l’homme peut être allergique à des éléments de son environnement (acariens, de la poussière, pollens, moisissures…) et avoir des manifestations cutanées. Le diagnostic repose essentiellement sur l’image clinique et sur des critères d’âge, de race et de réponse à certains traitements.

Heureusement, le vétérinaire peut, par une démarche logique, arriver au diagnostic.


5) Plusieurs causes simultanées

La dermatologie est une dicipline complexe aussi bien chez l’homme que chez l’animal. La démarche diagnostique doit toujours être raisonnée car plusieurs phénomènes peuvent agir de concert pour provoquer du prurit. Par exemple un chien peut être allergique à la piqûre de puces et à des acariens de la poussière. En étant allergique il est également plus sensible aux infections…

 

Traitement

Le traitement doit tenir compte de l’origine du prurit. Il doit reposer sur un diagnostic précis pour ne pas nuire à la santé de votre compagnon par un traitement non adapté.

Il nécessitera des médicaments à administrer par la bouche (comme, par exemple, , des antibiotiques, des antifongiques,des anti-inflammatoires…) ; mais également des soins visant à améliorer l’état de la peau comme des shampoings spécifiques au problème diagnostiqué, des spray, des compléments alimentaires qui seront prescrits simultanément ou indépendamment.

Si une intolérance alimentaire est suspectée, le vétérinaire peut prescrire un régime alimentaire particulier (régime d’éviction) qui devra être administré sans aucun écart pendant minimum 6 à 8 semaines pour établir ou écarter ce diagnostic).

Pourquoi ?

Parce que la suspicion d’une intolérance à des protéines nécessite la mise en place rigoureuse de ce fameux régime qui comportera un aliment à base de protéines totalement inhabituelles auxquelles, forcément, l’animal n’est pas allergique, puisque son organisme ne les a encore jamais rencontrées !

Le but est donc de remplacer les protéines auxquelles l’organisme est habitué et auxquelles il est devenu allergique par des nouvelles !

Par exemple un chien habitué à manger du bœuf se verra proposer un régime à base de viande d’autruche ou de viande de canard, …

Une alimentation spécifique riche en oméga 3 peut aussi être recommandée pour aider la peau à se régénérer surtout si les lésions sont importantes !

Dans tous les cas, il ne faut surtout pas changer d’alimentation sans l’avis de votre vétérinaire car le moindre écart peut fausser le diagnostic et rendre impossible le traitement de la maladie.

Dans certains cas, lorsque les problèmes de peau sont sévères ou que le diagnostic est complexe , votre vétérinaire peut être amené à vous proposer des examens complémentaires plus spécifiques (examens microscopiques, cultures de bactéries au laboratoire, biopsies cutanées…) réalisés par lui-même ou lors d’une consultation dermatologique spécialisée comme elle est d’usage en médecine humaine. Le vétérinaire dermatologue spécialiste reconnu dispose, pour ce faire, de batteries de tests plus spécifiques et d’une compétence très pointue en dermatologie.
Le traitement n’en sera que plus efficace !

Vous l’aurez compris, les maladies de peaux de nos boules de poils sont complexes à traiter et souvent lentes à guérir ! N’hésitez pas à demander conseil le plus tôt possible à votre vétérinaire .


 

En résumé il est indispensable de suivre les recommandations de votre vétérinaire et si nécessaire de consulter un spécialiste pour préciser le diagnostic et traiter de manière ciblée votre compagnon.

Article du bureau de la SAVAB et de Luc Beco
www.dermatologieveterinaire.be