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On n'est pas des pigeons

Dernière mise à jour le 26/04/2018

L'émission de la RTBF a encore réalisé un reportage à charge des vétérinaires.  La SAVAB se devait de réagir.  Voici donc le communiqué qui a été envoyé à la rédaction.

 

Mesdames, Messieurs,

Suite à votre émission du lundi 13 janvier 2014, l'Association des Vétérinaires Francophones pour les Petits Animaux, section de l'Union Professionnelle Vétérinaire, souhaiterait apporter quelques commentaires à vos assertions :

➢ A la question « on vaccine trop », nous vous répondons : on vaccine surtout trop peu d'animaux ; seulement 25 à 30 % des chats vont chez le vétérinaire pour 40 à 50% des chiens et tous ne se font pas vacciner. D'autre part, un comité scientifique européen auquel participe le Professeur E. Thiry, de l'Université de Liège, a émis une série de recommandations concernant la vaccination (notamment les vaccins indispensables pour les chats, comme les vaccins pour les maladies respiratoires et les vaccins secondaires, qui ne concernent pas tous les chats, en fonction de leur mode de vie [extérieur, intérieur, séjours en pension,..]). Donc les vétérinaires ne vaccinent pas tous les ans tous les animaux avec toutes les valences disponibles. Et la Belgique est un des pays industrialisés où les animaux de compagnie sont parmi les moins médicalisés au monde.

➢ « Les vaccins peuvent générer des tumeurs », c'est exact mais incomplet : il s'agit notamment de fibrosarcomes chez le chat liés à l'adjuvant du vaccin (hydroxyde d'aluminium), mais ce problème se retrouve avec toutes les injections à effet retard et beaucoup plus souvent aux Etats-Unis qu'en Europe (origine génétique ?). D'autre part, il n'a jamais été dit qu'un vaccin était inoffensif, pas plus pour l'humain que pour l'animal, d'où la nécessité de réaliser la vaccination chez un individu en bonne santé, mais les vaccins ont sauvé bien plus qu'ils n'ont tué.

➢ « Durée de validité des vaccins » : l'efficacité de certains d'entre eux est supérieure aux périodes de validité mentionnée dans les notices et des recherches sont en cours pour préciser celles-ci. Toutefois au départ, les labos sont partis du principe que, si la protection était valide jusqu'à un an, on vaccinerait tous les ans. On pourrait aussi tester le taux d'anticorps de chaque animal pour chaque valence avant la vaccination, mais cela serait économiquement non gérable pour les propriétaires. Le vaccin coûte moins cher que les dosages d'anticorps.

➢ « La vaccination chez le vétérinaire coûte 60-65 €, c'est cher » . La vaccination fait partie d'une visite annuelle de contrôle au cours de laquelle un examen général complet est réalisé en vue des détecter les anomalies dentaires, oculaires, dermatologiques, auriculaires, cardiaques, génito-urinaires,...et, de plus, ce montant comprend 21% de TVA. Cette visite comprend également tous les frais liés à la prise de rendez-vous (secrétariat), à la gestion des locaux, à la formation continue obligatoire du vétérinaire,... En outre, le médecin vétérinaire a fait 6 ans d'Université avant de pouvoir exercer son art et il a le devoir de se former tout au long de sa carrière.

Enfin, « le vétérinaire coûte cher. » C'est vrai comme probablement tout service permanent 24h sur 24, 7 jours sur 7 (secours, soins médicaux, plombier, électricien, garagiste, ...).

Voilà ce que nous souhaitions vous dire, non pour critiquer une émission qui a le mérite de poser des questions, mais qui manque probablement de temps pour approfondir les réponses. Nous espérons que ces commentaires pourront être portés vers le grand public car notre idéal commun dans une société complexe reste l'information objective.

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de nos salutations les meilleures,

Pour la SAVAB,
Dr Stéfan DEGALLAIX
Co-Président