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Pourquoi mon vétérinaire vend des croquettes (et que c’est une bonne chose pour mon animal)

07/06/2018 par

Vous savez que dans nos articles, à l’UPV, nous jouons carte sur table et nous n’avons pas peur de tout vous révéler sur ce qu’il y a derrière votre facture chez le vétérinaire.

Et ce qui nous a fait bondir, c’est ce reportage hallucinant du “scan” du JT de la RTBF du 4 juin 2018.

Ces attaques incessantes sur notre profession sont démotivantes et responsables de la déprime parfois profonde de bien d’entre-nous. Rappelez vous la récente enquête de la DH sur le taux inquiétant de suicides dans la profession…

Que cherche exactement la RTBF via ce reportage? Nous discréditer? Faire du vété-bashing? Nous estimons que ce « scan » n’a pour but que de faire le buzz sur un non événement, à la limite de la diffamation. En effet, vendre des aliments diététiques et physiologiques est tout à fait en accord avec notre code de déontologie. Jamais la vente d’aliments n’a été interdite de quelle manière que ce soit par notre profession. Nous pensons qu’il s’agit d’un amalgame malheureux (à nos dépens !) avec la vente de médicaments, qui elle n’est effectivement pas autorisée pour les animaux non suivis par un vétérinaire.

La RTBF a-t-elle vérifié ses sources? Nous ne le pensons pas ! Et c’est pitoyable que le premier média de Belgique tombe aussi bas dans le but unique de faire le buzz en lynchant une profession toute entière, dévouée corps et âme à ses patients et ses clients.

Nous allons d’entrée de jeu casser un mythe : OUI nous gagnons de l’argent quand nous vendons un paquet de croquettes, comme une animalerie, comme un éleveur, comme un grand magasin, comme un pharmacien… tout en faisant certainement un bénéfice bien moindre que les magasins ou animaleries (de l’ordre de 10%, comme expliqué à juste titre dans le reportage du JT de la RTBF par notre confrère Alexandre Bongartz, de l’UPV).

OH MY GOD, IT’S VERY SHOCKING !

OUI ! ... mais cet argent ne sert pas à acheter un yacht aux Bahamas !
Lorsqu’un client nous achète un paquet de croquettes, le bénéfice sur le paquet est réinvesti dans nos installations, dans l’équipe vétérinaire (il nous permet par exemple d’engager une secrétaire afin d’améliorer notre disponibilité pour nos patients). Il sert également à compenser les actes à perte. Imaginez vous qu’un chien hospitalisé mobilise un vétérinaire et une ASV plusieurs heures par jour, voire dans certains cas par nuit.
Il nous serait impossible de soigner les animaux, si nous devions facturer notre temps sur la juste valeur de cet acte.  Les honoraires que nous pratiquons en Belgique sont de très loin inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres pays comme la France, la Grande Bretagne.
C’est ainsi que le salaire national mensuel moyen d’un vétérinaire est bien inférieur à 2000€ net mais nous avons en même temps une obligation de moyens et de formation continue qui est loin d’être gratuite. Ce salaire ne nous permet pas de nous équiper afin de proposer la qualité légitimement attendue par nos clients. Ce ne sont que deux exemples, la liste est longue...

Nous ne sommes pas des vendeurs de croquettes !

Aucun client n’est obligé d’acheter chez nous une alimentation physiologique : ils ont le choix. En disposer au cabinet est un service que nous rendons. Lorsqu’un client nous demande conseil, nous voulons proposer le meilleur pour son animal, en toute indépendance. Chaque jour nous voyons des animaux obèses, les dents pleines de tartre, avec du diabète ou des problèmes cardiaques. Tous ces problèmes auraient pu être évités ou retardés avec une bonne alimentation !

Notre métier c’est avant tout de rendre service aux patients à quatre pattes qui nous sont confiés. La diététique et ses deux composantes, thérapeutique et préventive, répond parfaitement à ce but.
La médecine vétérinaire de demain sera une médecine préventive, comme c’est déjà le cas aujourd’hui avec la vermifugation et la vaccination de nos animaux. La diététique n’est que le juste complément de cette médecine de demain que le public réclame, à juste titre, de plus en plus.

Nous sommes formés sur la nutrition mais aussi sur la physiologie, la médecine interne, la gériatrie ou encore la pédiatrie. La diététique est donc au cœur de notre métier.

Laissez-nous mettre les moyens au service de la médecine que vous attendez de nous ! Et dans cette optique, faites nous confiance et laissez nous travailler en paix !

Pour La SAVAB et l’UPV,
Dr. Laurence De Meester - de Courcy, Dr. Harald Berge et Dr. Stéphane Dewaels